Sainte-Thérèse en fête le 15 octobre dernier.

Quinze jours après la  « petite » Thérèse, celle de  Lisieux, l’Église nous invite à fêter la « grande » Thérèse, celle d’Avila.

 

On est au XVIème siècle et une femme de bonne stature à la chevelure noire et crépue  entre au Carmel. Mais très vite, elle est marquée par le caractère du Carmel de l’époque. Les religieuses ne sont pas cloitrées et sortent du monastère et y reçoivent. Certains carmels dirait-on aujourd’hui sont des « salons où l’on cause ». Elle va le refonder à l’image des premiers ermites du Mont Carmel. Malgré une santé caduque, elle fondera des  carmels un peu partout en Espagne, tout en étant une grande mystique aux côtés de Jean de la Croix. À cause d’un changement  de calendrier, elle va mourir la nuit du 4 au 15 octobre. C’est pourquoi, on  la fête aujourd’hui.  

Elle sera la première femme nommée Docteur de l’Église, c’est dire l’importance de son œuvre et de son action.  

 

Que retenir d’elle pour nous aujourd’hui ? 

 

Un. Thérèse est un monument de prière. Elle est fort marquée par  l’humanité de Jésus et donc sa prière devient quelque chose de tout  simple. La prière, disait-elle, est « un rapport d’amitié... avec celui qui, nous le savons, nous aime ». Et donc, on peut le prier partout. Elle disait  encore «Ce serait une chose ardue si l’on ne pouvait prier que dans des  lieux apartés » « Comprenez que si c'est à la cuisine, le Seigneur circule parmi les marmites.» « Ce qui importe avant tout, c'est d'entrer en nous même pour y rester seul avec Dieu. » 

 

Deux. Thérèse est devenue une communicatrice de l’Évangile. Elle vit à  une époque troublée et sa santé est fragile. Alors, voilà ce qu’elle dit : Elle  décida de « de faire le peu qui dépendait de moi... c’est-à-dire de suivre les conseils évangéliques avec toute la perfection possible et de faire en  sorte que ces quelques sœurs qui sont ici fassent la même chose ». Elle  disait encore à ses sœurs : « de ne pas perdre de temps en traitant avec  Dieu «de choses de peu d’importance» alors que «le monde est en feu».

 

Trois enfin. L’importance de la vie communautaire. En parlant de ses  monastères, elle disait encore : « Ici tous doivent s’aimer, se vouloir du  bien et s’aider réciproquement ». Rappelons-nous la première  communauté chrétienne : « Voyez comme ils s’aiment ».

Voilà trois petits points pour nous aujourd’hui. Priez beaucoup, n’importe où et simplement ; annoncer la joie de l’Évangile dans un monde en feu  et faire de nos communautés, de nos paroisses, de nos lieux de vie, des  lieux où l’on s’aime comme signe de l’amour de Dieu. 

Et je termine avec une de ces phrases qui va nous aider en ce temps de  pandémie : « Que rien ne te trouble, que rien ne t’effraie ; qui a Dieu ne  manque de rien : Dieu seul suffit »

 

Texte de Padre Pierre, prêtre à Chaudfontaine.